Lundi de Pentecôte : férié, travaillé, sans salaire… faut-il aller au travail le 9 juin 2025 ?
Le lundi de Pentecôte occupe une place à part dans le calendrier français depuis des décennies. Jour férié chrétien à l’origine, inscrit parmi les 11 jours reconnus par la loi, il ne ressemble en rien à la plupart des autres jours fériés, tant du point de vue de l’obligation de travailler que de la rémunération. Pour 2025, cette date tombe le 9 juin. Mais doit-on vraiment aller au bureau ce jour-là ? La question n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît.
Le lundi de Pentecôte : jour férié pas comme les autres
Si l’on parcourt le calendrier officiel, le lundi de Pentecôte figure bien parmi les jours fériés légaux en France, juste après l’Ascension et avant la fête nationale. Pourtant, attention au mirage : être un jour férié n’implique pas automatiquement un jour chômé. Seul le 1er mai a ce privilège pour tous les salariés.
Pour le lundi de Pentecôte, la vraie question est : travaille-t-on ou pas ? Tout dépend de la convention collective, des anciens usages de l’entreprise ou de la façon dont ce jour a été désigné dans le cadre de la fameuse journée de solidarité.
Le cadre légal du lundi de Pentecôte : rappel historique et textes en vigueur
Depuis la loi du 8 mars 1886, le lundi de Pentecôte est classé dans la liste des jours fériés officiels. Cela n’a pas bougé sur le papier, mais la pratique a sacrément évolué. L’élément déclencheur : la canicule de 2003, qui a poussé le gouvernement à inventer la journée de solidarité en 2004.
À partir de cette réforme, la loi autorisait l’employeur à demander à ses salariés de travailler ce jour-là, sans salaire supplémentaire. En 2008, un ajustement législatif a introduit plus de flexibilité : la journée de solidarité peut être fixée à une date autre que le lundi de Pentecôte, selon accord collectif ou décision de l’entreprise.
En résumé, rien n’impose que ce lundi soit chômé ni qu’il soit travaillé : tout dépend des accords locaux.
Le rôle de la journée de solidarité dans la particularité du lundi de Pentecôte
La journée de solidarité : voilà l’expression magique qui change tout. C’est une journée de travail non rémunérée destinée à financer des actions pour l’autonomie des personnes âgées et handicapées. Pour la majorité des salariés, ça se traduit par 7 heures travaillées sans salaire en plus.
Longtemps, cette journée a été obligatoirement le lundi de Pentecôte. Aujourd’hui, ce n’est plus obligatoire mais beaucoup d’employeurs gardent cette habitude. Cela veut dire que dans de nombreuses entreprises, le 9 juin 2025 sera bien un jour travaillé… mais pas payé comme un jour férié ordinaire.
Travailler ou chômer le lundi de Pentecôte ? Ce que dit la loi en 2025
La seule certitude, c’est qu’il n’y a pas de règle universelle. Tout dépend du secteur (privé ou public), de la convention collective et de l’accord d’entreprise. Dans le secteur privé, certains employeurs ferment l’entreprise, d’autres demandent à leurs salariés de venir, parfois sous le régime de la journée de solidarité, parfois non.
Dans la fonction publique, le principe est similaire. Certaines administrations le chôment, d’autres non, en fonction des textes internes.
L’organisation du travail pour ce jour précis doit être expressément connue des salariés. En pratique, si l’entreprise décide de fermer, ce lundi devient un jour de repos payé ou décompté en RTT. Si elle reste ouverte pour la journée de solidarité, il n’y aura pas de supplément de salaire.
Salariés à temps plein, à temps partiel, jeunes et stagiaires : qui est concerné et comment ?
Pour la plupart des salariés à temps plein, la journée de solidarité représente 7 heures non rémunérées sur l’année. Ceux à temps partiel effectuent cette journée au prorata de leur contrat.
Les jeunes de moins de 18 ans jouissent d’une protection : ils ne peuvent, sauf rare exception du secteur, travailler un jour férié. Les stagiaires n’ont pas à effectuer la journée de solidarité, car ils n’ont pas le statut de salarié.
Une mention spécifique existe pour les salariés mensualisés : s’ils travaillent le lundi de Pentecôte sous la forme de la journée de solidarité, ils n’obtiennent aucun supplément ou majoration.
Rémunération, récupération, RTT et congés : conséquences pratiques du statut « travaillé sans supplément »
Voilà ce qui déroute : aucune majoration salariale n’est prévue pour la journée de solidarité. Travailler le lundi de Pentecôte ne donne droit à aucun supplément de rémunération, ni à une récupération automatique. Ce n’est pas comme un dimanche ou un 1er mai travaillé, où un salaire doublé vous attend.
Certains employeurs proposent cependant de poser un jour de RTT ou un congé payé ce jour-là, pour profiter d’un long week-end. Mais ce n’est jamais une obligation imposée par la loi : tout se négocie avec l’entreprise et figure clairement dans la convention collective.
Les salariés restent donc tributaires des décisions prises lors des négociations internes à l’entreprise ou à la branche.
Avant de prévoir un pique-nique ou une journée tranquille le 9 juin prochain, prenez le temps de vérifier votre contrat de travail et la politique de votre entreprise. Le lundi de Pentecôte est un vrai cas d’école en matière de flexibilité française : il peut être travaillé sans supplément, chômé ou posé en RTT.
La meilleure approche ? Échanger avec votre manager ou le service RH, et consulter votre convention collective. C’est le seul moyen de savoir ce qui s’applique à vous et de défendre vos droits si besoin. Pour éviter les mauvaises surprises, faites le point à l’avance… et profitez sans arrière-pensée de votre journée, qu’elle soit de travail ou de repos.
Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.