Retraites, salaires… un nouveau prélèvement arrive dès septembre
À partir du 1er septembre 2025, un changement va s’immiscer sur tous les bulletins de salaire, relevés de pension et avis d’imposition en France.

L’administration fiscale mettra en place un nouveau prélèvement à la source, basé sur un taux individualisé au lieu du traditionnel taux forfaitaire. Cette mise à jour signifie que le prélèvement d’impôt sera désormais ajusté à la situation réelle de chaque contribuable, qu’il soit salarié, fonctionnaire, travailleur indépendant, ou retraité. Mais ce progrès fiscal cache une réalité qui risque de piquer : beaucoup verront leur revenu disponible diminuer, parfois brutalement, dès la rentrée 2025. Dans cet article, voyons comment ce nouveau mécanisme fonctionne, pourquoi il s’applique, puis quelles conséquences concrètes sont à attendre.
Le nouveau prélèvement à la source : fonctionnement et raisons
Le prélèvement à la source existe depuis plusieurs années, mais il va désormais s’adapter à chaque foyer grâce au taux individualisé. L’objectif est d’accorder très finement le niveau du prélèvement à la réalité financière de chacun, selon ses revenus réels (déclarés l’année précédente). Ce système doit limiter les trop-perçus ou les soldes douloureux en fin d’année, tout en s’appuyant sur une base légale claire issue de l’article 19 de la loi de finances 2024.
Les plafonds et les barèmes évoluent, mais la philosophie reste identique : faire coller le montant prélevé à la source à la situation exacte du contribuable, mois après mois. Le taux individualisé s’appliquera par défaut à chaque membre d’un couple, sauf s’ils demandent à conserver le taux commun. Ce changement vise à corriger certaines inégalités entre conjoints, jusqu’ici fréquentes.
Calcul du taux individualisé
L’administration ne pioche pas ce taux au hasard : elle utilise le revenu fiscal de référence (RFR) de l’année 2023, déclaré en 2024. Cet indicateur sert à classer chaque foyer fiscal parmi les différentes tranches, et à appliquer le barème CSG, CRDS et Casa. Précisément :
- CSG : Taux normal de 8,3 %, taux médian de 6,6 %, taux réduit de 3,8 %
- CRDS : 0,5 %
- Casa : 0,3 % (uniquement si CSG à 6,6 % ou 8,3 %)
Ces taux s’appliquent selon des plafonds revus chaque année, qui tiennent compte de l’inflation (augmentés de 4,8 % pour 2025). Par exemple, en 2025, un retraité célibataire en métropole dont le RFR 2023 ne dépasse pas 12 817 euros sera exonéré de CSG/CRDS/Casa. Entre 12 817 et 16 754 euros, il bénéficie du taux réduit à 3,8 %.
Imaginons une pension annuelle de 20 000 euros pour un retraité avec un RFR juste au-dessus de 16 754 euros : il passera au taux médian de 6,6 %, soit une baisse nette de sa pension d’environ 80 euros par mois.
Date de mise en place et procédure
Tout prendra effet à partir du 1er septembre 2025. L’administration fiscale transmettra d’abord le nouveau taux individualisé aux employeurs et caisses de retraite via la Déclaration Sociale Nominative (DSN) ou le système PASRAU pour les caisses. Chaque salarié et retraité recevra sur son espace personnel impots.gouv.fr un avis de taux entre fin août et début septembre 2025.
Le calendrier est très cadré : une modification faite en ligne est prise en compte sous 2 mois. Pour une application dès janvier 2026, la demande doit être déposée avant le 6 décembre 2025.
Qui est concerné
Le changement touche beaucoup de monde :
- Salariés du privé
- Fonctionnaires
- Travailleurs indépendants
- Retraités du régime général (y compris Alsace-Moselle)
- Résidents principaux en France
Les foyers modestes verront néanmoins peu de différence, car les seuils d’exonération restent élevés. Les foyers aisés ou les situations conjugales déséquilibrées sentiront davantage le choc, surtout si un changement de taux implique une hausse sensible du prélèvement mensuel.
Impact sur les retraités et les salariés
L’impact de ce nouveau taux ne sera pas le même pour tous. Certains y gagneront en lisibilité, d’autres verront leur net disponible fondre. Passer d’un taux commun à un taux vraiment adapté à sa situation personnelle peut réserver de mauvaises surprises si l’on anticipe mal cette refonte.
Effet sur les pensions
Pour les retraités, la hausse des prélèvements sociaux CSG-CRDS-Casa peut coûter plusieurs centaines d’euros par an, selon le niveau du RFR. L’augmentation des seuils en 2025 limite les dégâts pour certains, mais le passage du taux réduit au taux médian ou fort reste brutal.
Prenons l’exemple d’une pension mensuelle de 1 700 euros brut (20 400 euros par an), chez un retraité célibataire en métropole : si son RFR passe de 16 000 à 17 000 euros, il glisse du taux réduit (3,8 %) au taux médian (6,6 %), soit une perte d’environ 4 % de revenu net par mois.
Effet sur les salaires
Pour les salariés, le nouveau taux individualisé aura l’avantage d’éviter les écarts trop grands lors de la régularisation annuelle, mais il risque d’accroître de plusieurs dizaines d’euros la ponction mensuelle pour les foyers où les situations de couple sont déséquilibrées.
Sur un salaire brut de 2 200 euros, passer d’un taux commun à 5 % à un taux individualisé à 7 % peut enlever 44 euros de revenu net chaque mois. Pour les bas salaires, même un demi-point de hausse peut suffire à fragiliser un budget.
Comment ajuster son taux
Heureusement, on n’est pas obligé de subir : chaque contribuable peut demander, sur impots.gouv.fr, une modération temporaire de son taux si une baisse de revenu prévisible ou si une variation de plus de 5 % du montant prélevé est attendue. L’administration étudiera la situation et recalculera un taux adapté pour l’année suivante.
Attention : la demande doit être déposée avant le 6 décembre 2025 pour que la modification prenne effet dès janvier 2026. N’attendez pas le dernier moment si vous sentez que votre revenu va chuter.
Options de recours
Si l’application du nouveau taux vous semble injuste, vous pouvez saisir votre centre des finances publiques et demander un recours gracieux. En cas de refus, le recours contentieux reste ouvert, mais il demande souvent de la patience. Utiliser les simulateurs en ligne disponibles sur le site des impôts permet d’anticiper le choc, voire de corriger une anomalie avant l’échéance.
Le passage au taux individualisé du prélèvement à la source peut apparaître comme un simple rajout technique, mais dans les faits, il bouleversera le quotidien de millions de foyers. Anticiper et vérifier son bulletin de paie ou sa pension dès septembre devient indispensable pour éviter de mauvaises surprises. Ajuster son taux sur impots.gouv.fr ne prend que quelques minutes et peut faire économiser plusieurs centaines d’euros à terme.
La clé : surveiller son revenu fiscal de référence, comparer les nouvelles ponctions, et demander l’aide d’un expert ou utiliser les outils en ligne si besoin. La planification et la réactivité seront vos meilleurs alliés pour traverser cette nouvelle étape fiscale sans trop de turbulence. Avez-vous vérifié votre taux ? Il n’a jamais été aussi urgent de s’y intéresser.
Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.