Couple

Longtemps réprimées, ces pratiques sexuelles se sont peu à peu installées dans le quotidien et sont désormais plus courantes chez les Français, selon cette enquête.

En février 2026, la sexualité des Français fait toujours parler, parfois avec curiosité, parfois avec gêne. Depuis les années 1970, les normes changent, les mots circulent, et certaines pratiques sexuelles sortent du non-dit. L’enquête « Contextes des sexualités en France » (CSF-2023, Inserm et ANRS) aide à y voir clair, sans fantasmes ni jugement.

Son intérêt, c’est de montrer un mouvement simple, le tabou recule pour une partie de la population, et la diversité des expériences devient plus facile à dire. Cela ne veut pas dire que tout le monde fait tout, ni que tout le monde en a envie.

L’enquête CSF-2023, une photo à grande échelle des pratiques sexuelles en France

CSF-2023 interroge 31 518 personnes, âgées de 15 à 89 ans, en France hexagonale et en outre-mer, avec une collecte réalisée entre fin 2022 et fin 2023. L’étude s’inscrit dans une série historique qui permet la comparaison, avec de grandes vagues en 1970, 1992, 2006 et 2023.

Elle décrit des parcours, des déclarations, des contextes de vie. Elle rappelle aussi un point souvent oublié, la sexualité peut être moins fréquente dans certains groupes, tout en étant plus variée dans les pratiques déclarées. Autrement dit, quantité et diversité ne racontent pas la même histoire.

Ce que les chiffres disent, et ce qu’ils ne disent pas

CSF-2023 distingue l’expérience au cours de la vie et ce qui se pratique « en ce moment ». Les pourcentages reflètent aussi une parole plus libre quand la honte baisse. Ils décrivent des déclarations, pas une obligation, ni une norme à suivre.

Les plaisirs en solo se banalisent, la masturbation est plus assumée

La masturbation est un bon thermomètre du tabou, parce qu’elle touche l’intime, loin du regard des autres. Chez les 18 à 69 ans, sa déclaration a fortement augmenté chez les femmes, 42,4 % en 1992, 56,5 % en 2006, puis 72,9 % en 2023. Chez les hommes, les niveaux étaient déjà élevés, 82,8 % en 1992, 89,9 % en 2006, puis 92,6 % en 2023.

Cette progression raconte moins une « mode » qu’une acceptation plus large du plaisir, et une meilleure circulation d’informations, via l’éducation sexuelle, les médias, et des discussions plus ouvertes dans le couple.

À lire aussi:

Pourquoi la hausse est plus visible chez les femmes

La pratique n’est pas forcément nouvelle. Ce qui change, c’est la baisse de la honte et l’idée, plus partagée, que le plaisir féminin compte aussi. Quand les mots deviennent disponibles, les réponses suivent.

Des pratiques plus variées, sexe oral et anal moins cachés

CSF-2023 confirme une diversification, le scénario ne se limite plus aux rapports vaginaux. Pour le sexe oral, la part de personnes déclarant l’avoir expérimenté au moins une fois progresse nettement. Chez les femmes, elle passe de 63,2 % en 1992 à 84,4 % en 2023. Chez les hommes, elle passe de 75,3 % à 90,5 % en 2023. Le cunnilingus suit la même tendance, avec 86,9 % des femmes qui déclarent l’avoir déjà expérimenté en 2023.

La pénétration anale augmente aussi dans les déclarations, femmes 23,4 % en 1992, puis 38,9 % en 2023, hommes 29,6 % en 1992, puis 57,4 % en 2023. Elle arrive souvent plus tard dans la vie sexuelle, et peut être plus déclarée chez les 30 à 39 ans que chez les 18 à 29 ans. En parallèle, une enquête LoveHoneyGroup (2023) évoque l’« anal surfacing » (stimulation externe), mais ce n’est pas une mesure de CSF-2023.

Ce qui aide à sortir du tabou, discussion, consentement, informations fiables

Quand une pratique se dit plus facilement, la discussion devient centrale. Le consentement clair, le respect des limites, et des sources fiables en santé sexuelle font la différence entre curiosité sereine et pression déguisée.

4.5/5 - (4 votes) Avez-vous trouvé cet article utile?

Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *