Ce type de fantasmes sexuels peut révéler des niveaux élevés de narcissisme, selon une nouvelle étude
Tout le monde a déjà eu un fantasme sexuel un peu étonnant, parfois impossible à vivre dans la vraie vie. Certains restent secrets, parfois avec un peu de honte, alors qu’ils sont bien plus fréquents qu’on ne le pense. Une étude italienne publiée en 2025 dans le Mediterranean Journal of Clinical Psychology suggère que certains types de fantasmes seraient plus souvent associés à des formes particulières de narcissisme.
Ce texte ne parle pas de monstres ni de diagnostics, mais de tendances statistiques observées dans un large échantillon d’adultes. Il présente de façon simple les trois formes de narcissisme étudiées, ce que les chercheurs ont trouvé sur les fantasmes, puis ce que cela peut changer, très concrètement, dans la vie intime et la relation de couple. L’objectif reste rassurant et clair, pour un lectorat curieux de psychologie et de sexualité, sans dramatisation.
Comprendre narcissisme et fantasmes sexuels sans dramatiser
Qu’est-ce qu’un fantasme sexuel et à quoi sert-il
Un fantasme sexuel est avant tout une histoire intérieure. C’est un scénario érotique que l’imagination construit, parfois très précis, parfois juste une image rapide. Il peut se produire pendant la masturbation, pendant un rapport, ou complètement hors contexte. La grande majorité des adultes en ont, même si peu de gens les racontent.
Un point essentiel rassure souvent le lecteur. Le fantasme n’est pas un projet d’action. Il peut être très différent de ce que la personne veut vivre dans la réalité. Il arrive qu’une personne imagine des scènes de domination tout en désirant, dans la vraie vie, des relations très tendres et égalitaires. L’esprit utilise ces images comme un terrain de jeu, un laboratoire émotionnel.
Les fantasmes peuvent aider à gérer le stress, l’ennui, le manque de confiance ou le besoin de contrôle. Quand une personne se sent impuissante dans son quotidien, des scénarios de pouvoir peuvent donner un sentiment de force intérieure. À l’inverse, quelqu’un de très sollicité peut rêver de se laisser totalement aller, dans des scénarios de soumission ou de passivité.
Il existe aussi une différence entre un fantasme ponctuel et une tendance répétée. Un scénario qui apparaît une fois n’a pas la même signification qu’une image qui revient chaque jour, depuis des années. Cela ne veut pas dire moralement bien ou mal, mais cela peut interroger sur les besoins profonds qui se jouent.
Narcissisme, égo et besoin d’admiration
Le narcissisme n’est pas seulement l’amour du selfie ou le fait de se trouver beau. En psychologie, il désigne une manière de se percevoir, de défendre son estime de soi et de gérer le besoin d’être reconnu. Tout le monde possède un peu de narcissisme, puisqu’il faut un minimum d’amour de soi pour se sentir stable.
Les difficultés commencent quand le besoin d’admiration devient central, que l’autre est surtout vu comme un miroir qui doit flatter, et que l’empathie diminue. L’ego prend alors beaucoup de place, parfois au détriment des besoins et des limites du partenaire.
Les chercheurs distinguent trois formes étudiées dans l’article de 2025. Le narcissisme grandiose, avec une personne qui se montre sûre d’elle, dominatrice, convaincue de sa valeur. Le narcissisme vulnérable, plus discret, marqué par l’hypersensibilité au rejet, la peur de ne pas être à la hauteur, une grande insécurité cachée derrière la réserve. Enfin le narcissisme malin, qui mélange grandiosité, agressivité, faible empathie, parfois des traits antisociaux et une méfiance marquée envers les autres.
Ces profils ne sont pas des boîtes fermées. Une personne peut présenter quelques traits de l’un, sans avoir un trouble de la personnalité, ni cocher toutes les cases.
Ce que l’étude italienne révèle sur les fantasmes et les trois types de narcissisme
Comment l’étude a été menée et ce que les chercheurs ont mesuré
L’étude italienne a porté sur 583 adultes, majoritairement des femmes, d’âge moyen autour de 31 ans, dont une partie était mariée ou en couple. Les participants vivaient en Italie et ont répondu à des questionnaires en ligne, de façon anonyme.
Les chercheurs ont utilisé des échelles standardisées pour mesurer les traits narcissiques grandioses, vulnérables et malins. Ils ont aussi évalué différents fantasmes sexuels et certains comportements associés. Une distinction importante est faite entre fantasmes dits « normophiles », c’est-à-dire plutôt conventionnels, centrés sur la tendresse, la pénétration, la romance, et fantasmes « non conventionnels ». Dans cette seconde catégorie entrent les scénarios de pouvoir, de domination, de sadisme, de soumission, d’humiliation ou d’intrusion comme le voyeurisme.
Les résultats reposent sur des réponses auto-déclarées. Cela signifie que chaque personne décrit ses propres fantasmes et comportements. Ce type de méthode peut entraîner des biais, certains minimisent, d’autres exagèrent. Les liens trouvés sont réels sur le plan statistique, mais leur intensité reste faible à modérée. L’étude parle donc de corrélations, pas de preuve qu’un certain narcissisme cause un type de fantasme précis.
Narcissisme grandiose : besoin de pouvoir et éventail large de fantasmes
Dans le narcissisme grandiose, la personne affiche une grande confiance, parfois une sensation de supériorité. Elle aime être admirée, prendre les commandes, donner une image brillante d’elle-même. En couple, cela peut se traduire par une tendance à contrôler la relation, à décider du tempo, parfois à séduire pour nourrir son ego plus que pour rencontrer vraiment l’autre.
L’étude montre que ce profil est associé à un éventail plus large d’intérêts sexuels. Les personnes avec davantage de traits grandioses rapportent à la fois des fantasmes conventionnels et des scénarios où pouvoir, domination et contrôle occupent une place importante. Cela peut aller de simples jeux de rôle à des scénarios où l’autre apparaît surtout comme un objet de gratification narcissique.
Ce même mouvement se retrouve parfois dans la vie amoureuse. Au début, le partenaire peut être mis sur un piédestal, puis ensuite dévalorisé dès qu’il ne nourrit plus assez l’image idéale que la personne a d’elle-même. Sur le plan sexuel, certaines personnes avec ce profil vivent pourtant des relations très respectueuses. La présence de communication claire, de consentement et de limites partagées change profondément la dynamique.
Narcissisme malin : fantasmes non conventionnels, rapports de force et faible empathie
Le narcissisme malin représente une forme plus sombre. Il mêle désir de grandeur, froideur affective, mépris possible pour les faiblesses d’autrui et faible empathie. Des traits antisociaux et une certaine paranoïa peuvent être présents, avec l’idée que le monde est une jungle où il faut dominer pour ne pas être écrasé.
Dans l’étude, ce profil apparaît comme le meilleur prédicteur des fantasmes non conventionnels centrés sur les rapports de force. Sadisme sexuel, plaisir pris à faire mal ou à humilier, scénarios de soumission extrême, humiliations répétées, intrusion dans l’intimité d’autrui, voyeurisme ou fantasmes agressifs reviennent plus souvent quand les scores de narcissisme malin sont élevés.
Cela ne veut pas dire que toute personne qui a un fantasme de domination ou qui s’intéresse au BDSM est « maligne » ou dangereuse. Chez la plupart des gens, ces scénarios restent dans le domaine du jeu, avec un fort cadre de consentement et de respect. L’étude montre simplement que, dans cet échantillon, plus les traits malins augmentent, plus ces fantasmes et certains comportements associés sont rapportés.
Narcissisme vulnérable : hypersensibilité, insécurité et peu de liens nets avec les fantasmes
Le narcissisme vulnérable se caractérise par une grande insécurité intérieure. La personne a besoin de reconnaissance, mais se sent facilement blessée, rejetée ou humiliée. Elle peut sembler timide, sur la réserve, tout en étant occupée par l’image qu’elle donne.
Dans l’étude, ce profil ne montre pas de lien clair et solide avec les différents fantasmes ou comportements sexuels mesurés. Les associations observées restent faibles et peu cohérentes. Une hypothèse simple serait que ces personnes se concentrent surtout sur la peur du jugement ou de l’abandon, plus que sur la recherche de scénarios de pouvoir ou d’agression. L’absence de lien fort dans ce travail ne signifie pas qu’il n’existe aucun lien en général, seulement que cette recherche précise n’en a pas trouvé de marquant.
Que faire de ces résultats dans la vie de couple et la sexualité
Mieux comprendre ses propres fantasmes sans se juger
Pour un lecteur curieux, ces résultats invitent à regarder ses fantasmes comme des indices sur ses besoins psychiques. Certains scénarios parlent de contrôle, d’autres de sécurité, d’intensité, de réparation symbolique ou de simple jeu. Même si certains fantasmes se retrouvent plus souvent chez des personnes avec certains traits narcissiques, cela ne suffit jamais à poser un diagnostic de trouble de la personnalité.
L’élément le plus important reste l’attitude face au fantasme. Une personne peut faire preuve de curiosité, d’auto-observation, de bienveillance envers soi. Elle peut se demander ce que ce scénario raconte de ses peurs ou de ses désirs, sans se condamner. Le problème n’apparaît pas parce qu’une image traverse l’esprit, mais quand quelqu’un cherche à l’imposer à l’autre, sans cadre ni accord.
Parler de fantasmes en couple : consentement, limites et sécurité émotionnelle
Dans une relation, évoquer ses fantasmes peut renforcer la complicité, à condition de sécuriser le cadre. Un partenaire qui parle à la première personne, qui présente un fantasme comme une image intérieure et non comme une exigence, laisse à l’autre une vraie liberté de réponse. Chaque membre du couple garde le droit de dire non, de poser des limites ou de demander du temps.
Une pratique inspirée d’un fantasme devient acceptable seulement si elle respecte pleinement le consentement, la sécurité et la dignité de chacun. Quand certains fantasmes entraînent une détresse importante, une honte écrasante ou la peur de passer à l’acte de manière non consentie, un sexologue ou un thérapeute peut offrir un espace d’exploration sans jugement.
Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.