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Une guerre en Europe est-elle encore possible ?

Guerre avec la Russie : pourquoi la moitié des Européens y croit possible

Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, l’idée de la paix garantie en Europe s’est brisée. Les relations entre l’OTAN et Moscou se sont durcies, les discours martiaux se multiplient, et le mot guerre revient dans les débats publics comme jamais depuis la fin de la guerre froide.

Dans ce contexte, un sondage Cluster17 pour la revue Le Grand Continent, réalisé dans neuf pays de l’Union européenne, montre que 51 % des Européens jugent le risque de guerre avec la Russie élevé ou très élevé. Il ne s’agit pas d’une prédiction militaire, mais d’un signal puissant sur l’état d’esprit des sociétés européennes fin 2025.

Cet article propose une lecture simple de ces résultats. Il aide à comprendre d’où vient cette peur, pourquoi elle varie autant d’un pays à l’autre, et ce qu’elle révèle des débats à venir sur la sécurité et la défense européenne.

Un Européen sur deux pense qu’une guerre avec la Russie est possible

Pour la première fois depuis la chute du mur de Berlin, une majorité d’Européens considère qu’un conflit direct avec la Russie fait partie des scénarios crédibles. Le sondage, mené auprès d’environ 9 500 personnes en Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne, Belgique, Portugal, Pays-Bas et Croatie, ne mesure pas la probabilité réelle d’un conflit, mais la perception du risque.

Cette nuance est essentielle. Les citoyens répondent avec leurs émotions, leurs souvenirs, ce qu’ils entendent dans les médias, pas avec une analyse d’état-major. Malgré tout, le chiffre de 51 % marque une rupture avec des décennies où la guerre en Europe paraissait lointaine, presque impossible.

La Russie apparaît aussi comme la principale menace étatique pour ces opinions publiques, loin devant la Chine ou les États-Unis. Le sondage montre que la peur ne se diffuse pas de manière diffuse vers toutes les grandes puissances, elle se concentre sur Moscou, en lien direct avec la guerre en Ukraine et les tensions répétées avec l’OTAN.

Que dit exactement le sondage sur le risque de guerre avec la Russie

La question posée est simple: « Selon vous, la Russie pourrait-elle entrer en guerre avec votre pays dans les prochaines années ? » Une personne sur deux répond que ce risque est élevé ou très élevé, ce qui renvoie à l’idée de guerre ouverte, c’est-à-dire d’affrontement armé direct entre États, et pas seulement d’incidents hybrides ou de cyberattaques.

L’étude couvre neuf pays de l’UE, de la Pologne au Portugal. Elle donne une photographie de l’opinion européenne fin 2025, au moment où la guerre en Ukraine s’enlise et où le discours russe se fait plus agressif. Les chiffres ne disent pas qu’une guerre va éclater, ils disent que de nombreux Européens jugent ce scénario plausible.

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Pour le lecteur, la clé est de garder en tête la différence entre peur et réalité militaire. Les armées, les services de renseignement et les diplomates disposent d’analyses plus fines. Mais quand la peur devient majoritaire, elle pèse déjà sur les choix politiques.

Pourquoi la Russie est vue comme la menace étatique numéro un

Si la Russie concentre les inquiétudes, ce n’est pas un hasard. Depuis 2014, avec l’annexion de la Crimée, puis l’invasion massive de 2022, Moscou a montré qu’elle était prête à utiliser la force pour changer des frontières. Les déclarations répétées du Kremlin, parfois agrémentées de menaces nucléaires, nourrissent cette image d’acteur agressif.

S’y ajoutent les accusations de cyberattaques, de campagnes de désinformation et d’ingérences politiques dans plusieurs pays européens. Peu de citoyens connaissent les détails techniques, mais l’idée d’une Russie qui teste en permanence les défenses européennes s’est installée.

Le contraste est fort avec la Chine. Selon le sondage, 81 % des répondants ne croient pas à une guerre avec Pékin. La peur n’est donc pas généralisée, elle est ciblée sur la Russie. Cela structure la façon dont les Européens pensent la sécurité: priorité à l’Est, attention particulière aux frontières de l’OTAN, débat grandissant sur les moyens militaires à consacrer à cette menace.

Des peurs très différentes selon les pays d’Europe

Derrière le chiffre global de 51 %, les écarts nationaux sont énormes. La géographie, l’histoire, la mémoire des occupations et la culture stratégique de chaque pays jouent un rôle décisif. Pour un Polonais, une agression russe est une peur presque quotidienne. Pour un Italien ou un Portugais, la priorité peut être la Méditerranée, la migration ou l’économie.

Le sondage montre aussi que la peur de la guerre entre États cohabite avec d’autres inquiétudes, souvent plus fortes, comme le terrorisme. L’Europe se découvre comme un continent où plusieurs risques s’additionnent au lieu de se remplacer.

Pourquoi la Pologne se sent beaucoup plus menacée que l’Italie

En Pologne, 77 % des personnes interrogées voient le risque de guerre avec la Russie comme élevé ou très élevé. Ce chiffre s’explique d’abord par la carte. Le pays touche l’enclave russe de Kaliningrad et partage une longue frontière avec la Biélorussie, alliée de Moscou. La guerre en Ukraine se déroule à quelques centaines de kilomètres seulement.

L’histoire pèse aussi de tout son poids. Partitions, massacres, occupation soviétique, pacte germano-soviétique, tout cela nourrit la peur d’être à nouveau une zone tampon sacrifiée entre grandes puissances. La Pologne s’est engagée massivement aux côtés de l’Ukraine et augmente fortement ses dépenses militaires, ce qui renforce encore la perception d’un danger immédiat.

En Italie, le regard se tourne plutôt vers le sud. Le pays est plus éloigné du front ukrainien et se concentre sur la Méditerranée, la Libye, les flux migratoires ou la stabilité économique. Une majorité d’Italiens considère le risque de guerre avec la Russie comme faible ou inexistant. La menace existe dans les discours, mais elle n’occupe pas le même espace mental que pour les Polonais.

France, Allemagne, Belgique, Portugal: entre inquiétude et sentiment d’impuissance

La France et l’Allemagne se situent dans une zone intermédiaire. Environ 54 % des Français et 51 % des Allemands jugent élevé ou très élevé le risque de guerre avec la Russie. La peur est réelle, mais moins forte qu’en Pologne, et plus discutée politiquement.

Le sondage ajoute une couche importante: 69 % des Européens pensent que leur pays ne serait pas capable de se défendre seul en cas d’attaque. Les Français sont les moins pessimistes, avec 44 % de répondants qui gardent confiance dans les capacités militaires nationales, en partie grâce à l’arme nucléaire et à une armée jugée solide.

En Belgique, en Italie ou au Portugal, le climat est beaucoup plus sombre. Autour de 85 % des personnes interrogées estiment que leur pays ne pourrait pas se défendre seul. Ce mélange de peur et de sentiment d’impuissance nourrit un malaise profond: la menace semble grandir, mais beaucoup ont l’impression de ne pas disposer des moyens pour y répondre.

La peur du terrorisme reste plus forte que celle d’une guerre avec un État

Malgré tout, la menace qui inquiète le plus reste le terrorisme. Selon le sondage, 63 % des répondants jugent élevé ou très élevé le risque d’une guerre ouverte avec des organisations terroristes, un niveau supérieur à celui de la Russie.

Pour beaucoup d’Européens, le terrorisme est une réalité déjà vécue: attentats à Paris, Bruxelles, Madrid, Berlin, menaces régulières liées au Proche-Orient. Cette expérience directe rend la peur plus concrète que celle d’un choc frontal avec Moscou, qui reste un scénario extrême.

Au final, ces peurs ne se remplacent pas, elles s’additionnent. Les Européens ont le sentiment d’entrer dans un âge du danger, avec en même temps la guerre en Ukraine, le terrorisme, les crises migratoires et les incertitudes économiques.

Ce que ces peurs révèlent sur l’avenir de la défense européenne

Ce baromètre ne raconte pas seulement la Russie, il parle aussi de la relation des Européens à la guerre, à la puissance et au rôle de l’Union européenne. Beaucoup doutent des capacités militaires de leur pays, tout en souhaitant une Europe plus forte et plus unie pour les protéger.

Les réponses sur les grandes puissances sont révélatrices. Environ 55 % des personnes interrogées souhaitent une position équilibrée entre les États-Unis et la Chine, ni alignement automatique sur Washington, ni bascule vers Pékin. Dans le même temps, près d’un Européen sur deux, 48 %, considère Donald Trump comme un ennemi de l’Europe.

Sur les questions intérieures, une majorité voit l’immigration comme une menace pour la cohésion du pays, et beaucoup souhaitent une baisse de la dépense publique et du nombre de fonctionnaires. La peur de la Russie s’inscrit donc dans un climat global de tensions géopolitiques, d’inquiétudes identitaires et de fatigue économique.

Un continent qui se sent à la fois menacé et mal protégé

Le contraste central du sondage tient en une phrase: les Européens se sentent très menacés, mais peu protégés. Cette combinaison nourrit le débat sur la défense européenne, sur la place de l’OTAN et sur la hausse des budgets militaires.

Depuis 2022, plusieurs États membres ont déjà augmenté fortement leurs dépenses de défense et renforcé leur coopération. Pourtant, une partie importante des citoyens n’en voit pas encore les effets concrets. D’où une demande de pédagogie politique: expliquer ce qui est fait, ce qui manque encore, et ce que ces choix changent vraiment pour la sécurité quotidienne.

Entre États-Unis, Chine, immigration et dépense publique: une opinion européenne partagée

Les autres résultats du baromètre montrent une opinion travaillée par de multiples fractures. Beaucoup veulent une Europe capable de parler d’égal à égal avec Washington et Pékin, mais refusent de choisir un camp de manière durable. La figure de Donald Trump cristallise les craintes, perçue comme hostile à l’Union européenne par presque un répondant sur deux.

En parallèle, l’immigration est largement vue comme une menace pour la cohésion sociale, tandis qu’une majorité soutient la réduction de la dépense publique. Les citoyens demandent donc simultanément plus de sécurité, une armée plus forte, et moins de dépenses globales, ce qui rend le débat sur la défense particulièrement sensible pour les gouvernements.

La peur de la Russie n’est qu’un morceau de ce puzzle. Elle se combine avec des inquiétudes économiques, migratoires et politiques pour former un climat de méfiance généralisée, qui complique les décisions à prendre au niveau européen.

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